On parle beaucoup de RSE, mais dès qu’on essaie de l’expliquer simplement, ça devient vite technique. Entre les sigles, les normes et les obligations, on peut se sentir perdu. Pourtant, la base est assez simple : la RSE repose sur trois grands piliers qui servent de repères pour structurer une démarche.
Dans cet article, l’objectif n’est pas de faire un cours académique, mais de vous donner une vision claire et utilisable des trois piliers de la RSE : le social, l’environnement et la gouvernance.
1. Le pilier social : tout ce qui touche à l’humain
Le pilier social couvre tout ce qui concerne les personnes qui gravitent autour de l’entreprise : salariés, stagiaires, apprentis, partenaires, parfois même le territoire autour. C’est souvent le pilier le plus concret, celui qu’on ressent au quotidien.
Que recouvre le pilier social ?
Concrètement, le pilier social recouvre plusieurs dimensions très concrètes du quotidien en entreprise. Voici les principaux sujets que l’on regarde généralement :
- Conditions de travail : santé, sécurité, prévention des risques, ergonomie des postes.
- Qualité de vie au travail : charge de travail, organisation, droit à la déconnexion, équilibre vie pro / vie perso.
- Développement des compétences : formation, accompagnement, montée en compétences, évolution professionnelle.
- Diversité et inclusion : égalité femmes-hommes, inclusion des personnes en situation de handicap, lutte contre les discriminations.
- Dialogue social : écoute, échanges réguliers, prise en compte des retours des équipes.
- Engagement sociétal : soutien à des associations, mécénat, actions avec le territoire.
Exemples d’actions sociales simples
Pour avancer concrètement sur le pilier social, il n’est pas nécessaire de tout révolutionner. Quelques actions simples peuvent déjà améliorer le quotidien des équipes :
- Mettre en place un temps d’échange régulier avec les équipes (points collectifs ou individuels).
- Proposer un plan de formation structuré, même modeste, mais réel.
- Revoir certaines pratiques RH à la lumière de l’égalité professionnelle.
- Mesurer régulièrement le ressenti des salariés (enquête interne, baromètre simplifié).
L’idée n’est pas de cocher toutes les cases d’un coup, mais de se poser une question simple : “Est-ce que les personnes qui travaillent avec nous sont bien traitées, écoutées et protégées ?”
2. Le pilier environnemental : réduire l’impact de l’activité
Le pilier environnemental est celui auquel on pense le plus spontanément. Il ne s’agit pas uniquement de “faire du tri”, mais de regarder l’ensemble de l’activité sous l’angle de son impact environnemental, de la gestion des ressources et du climat.
Que recouvre le pilier environnemental ?
Le pilier environnemental couvre l’ensemble des impacts qu’une organisation peut avoir sur les ressources naturelles et le climat. Voici les principaux sujets que l’on retrouve dans la plupart des démarches :
- Énergie : consommation d’électricité, chauffage, déplacements, choix des équipements.
- Déchets : réduction à la source, réemploi, réparation, reconditionnement, recyclage.
- Empreinte carbone : émissions directes (Scope 1), liées à l’énergie (Scope 2) et issues de la chaîne de valeur (Scope 3).
- Ressources et matières : choix des matériaux, durabilité des produits, écoconception.
- Biodiversité et pollution : gestion des rejets, limitation des nuisances, protection des milieux naturels lorsque c’est pertinent.
Exemples d’actions environnementales accessibles
Concrètement, pour agir sur le pilier environnemental, il suffit souvent de commencer par des actions simples et mesurables. Voici quelques pistes accessibles à toutes les structures, même petites :
- Commencer par suivre quelques indicateurs environnementaux de base : consommation d’électricité, volume de déchets, déplacements professionnels.
- Allonger la durée de vie du matériel (informatique, mobilier, flotte auto) grâce au reconditionnement ou à la réparation.
- Mettre en place des éco-gestes concrets et expliqués (impression raisonnée, lumière, chauffage, etc.).
- Réfléchir à une politique de mobilité : covoiturage, télétravail partiel, transports en commun lorsque c’est possible.
Là encore, l’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’entrer dans une logique de réduction progressive de l’impact. Une petite entreprise peut déjà faire beaucoup en se fixant des objectifs réalistes et suivis.
3. Le pilier gouvernance : la façon de décider et de piloter
Le troisième pilier, la gouvernance, est parfois moins visible, mais il conditionne les deux autres. Il s’agit de la manière dont l’entreprise est dirigée, des décisions qu’elle prend, et de la place donnée à l’éthique et à la transparence.
Que recouvre le pilier gouvernance ?
Concrètement, pour comprendre ce que recouvre le pilier gouvernance, on peut regarder comment l’entreprise s’organise, décide et rend des comptes. Voici les dimensions les plus courantes :
- Éthique et conformité : lutte contre la corruption, gestion des conflits d’intérêts, respect des lois (par exemple le RGPD).
- Transparence : communication honnête sur les engagements, les résultats mais aussi les difficultés éventuelles.
- Pilotage de la RSE : définition d’objectifs clairs, suivi d’indicateurs, répartition des rôles et responsabilités.
- Parties prenantes : prise en compte des attentes des clients, fournisseurs, salariés, partenaires et du territoire.
- Achats responsables : intégration de critères sociaux et environnementaux dans le choix des prestataires.
Exemples d’actions autour de la gouvernance
Pour avancer concrètement sur le pilier gouvernance, il existe quelques actions simples qui permettent déjà de structurer la démarche et de donner un cadre clair :
- Rédiger une charte éthique ou un code de conduite accessible et appliqué.
- Clarifier qui pilote la RSE en interne (même si ce n’est qu’une personne à temps partiel).
- Partager une fois par an un bilan synthétique des actions menées et des perspectives.
- Intégrer un ou deux critères RSE dans la sélection des fournisseurs (ex. labels, engagements, pratiques).
Ce pilier rappelle que la RSE ne doit pas être un ensemble de “bons gestes” isolés, mais une façon plus responsable de piloter l’organisation.
Comment utiliser ces trois piliers dans la pratique ?
Pour ne pas se perdre, on peut utiliser les trois piliers comme une grille de lecture simple :
- Social : que faisons-nous pour les personnes ?
- Environnement : que faisons-nous pour réduire notre impact ?
- Gouvernance : comment décidons-nous et comment rendons-nous des comptes ?
Concrètement, une première étape utile peut être :
- Faire un état des lieux rapide avec ces trois entrées.
- Identifier 3 à 5 priorités, pas plus, pour les 12 à 18 prochains mois.
- Communiquer simplement en interne sur ce qui est prévu.
- Mettre en place quelques indicateurs de suivi, même basiques.
La RSE n’est pas un bloc à mettre en place du jour au lendemain. C’est une démarche progressive, où l’on apprend en avançant.
Envie d’aller plus loin ?
Si vous débutez en RSE, que vous soyez étudiant, salarié, dirigeant de PME ou en reconversion, vous n’êtes pas obligé de tout comprendre tout de suite. L’important, c’est de commencer quelque part, avec des repères clairs.
Envie d’aller plus loin ? Posez vos questions dans La Bulle RSE.
La plateforme est justement là pour ça : partager des questions, des retours d’expérience et des ressources qui rendent la RSE plus concrète, moins intimidante et plus accessible.